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Chine : la peur du coronavirus pousse des habitants à bloquer l’entrée de leurs villages

La peur monte en Chine face à l’épidémie de coronavirus. Plus de quinze villes ont été mises en quarantaine, alors qu’au 31 janvier, 170 personnes avaient trouvé la mort et 10 000 avaient été infectées dans le pays. En réaction, dans plusieurs villages, des habitants ont entrepris de bloquer l’entrée et la sortie des routes, par peur de la contagion.
Des habitants organisent des check-points et construisent des barricades, parfois de fortune, pour empêcher tout inconnu potentiellement infecté de rentrer, c’est ce que montrent diverses vidéos tournées dans plusieurs provinces de Chine. Des provinces qui ne sont pas nécessairement voisines du Hubei et de sa capitale Wuhan, d’où est partie l’épidémie.
Ces deux vidéos ont été tournées dans la province du Shanxi (nord de la Chine). Dans la première vidéo, on voit une file de voitures attendant de rentrer dans le village de Shangmafang. Elles sont bloquées par des habitants.
Sur la deuxième, tournée dans le village de Xiao Yu, une camionnette et une guirlande de drapeaux colorés bloquent la route. Sur la pancarte accrochée à la camionnette, on peut lire : « Interdiction aux étrangers d’entrer dans le village ».
Daniel C. est américain. Il habite à Nanjing (Jiansu, est de la Chine), mais il est venu à Xuzhou, une ville de 9 millions d’habitants dans le sud du pays, pour passer les vacances du Nouvel an lunaire avec sa belle-famille.
Le 25 janvier, un ami de ma femme, qui habite dans un petit village à côté de Xuzhou, a reçu un message du conseil du village lui demandant de venir aider à bloquer une des routes. Ils ont utilisé de la boue. Il n’a pas voulu envoyer de photos car ces routes ont été bloquées contre les ordres des autorités.
Il est en effet illégal de bloquer les routes avec de la boue, des rochers ou autres matériaux inamovibles, qui pourraient gêner le passage des ambulances et des forces de l’ordre. À la place, les autorités chinoises conseillent de mettre des panneaux de signalisation.
Dans la plupart de ces images, les messages sur les affiches sont similaires : « Les étrangers sont interdits dans ce village ». Dans certaines, les habitants apparaissent même armés, de lances ou d’armes à feu.
Pour Daniel, ces barricades sont une conséquence de la peur qui règne parmi les Chinois, qui craignent d’être infectés.
À Pingzhou, le quartier où j’habite, des cas ont aussi été détectés. Dans la ville de Xuzhou, les transports en commun sont fermés. Depuis le 24 janvier, je suis reste chez moi, je ne suis sorti que deux fois pour aller chercher à manger. Il n’y a presque plus de masques dans la ville, les gens font des provisions de nourriture et achètent n’importe quel produit susceptible de tuer un virus.
J’avais entendu parler du virus, mais je ne me sentais pas concerné jusqu’au 24 janvier, le jour du réveillon. Je crois que c’est le jour où Wuhan et d’autres villes ont été mises en quarantaine. Le jour d’après, il y a eu un cas à Xuzhou, où je me trouve, et puis 94 cas le lendemain, selon les médias. Ici tout est vide, il n’y a plus personne dans les rues.
Alors qu’ont commencé les congés du Nouvel An lunaire, de nombreux Chinois n’ont donc pas pu rejoindre leurs familles pour les vacances.

Article écrit par Marie Genries

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